Investir en bourse

On n’investit pas en bourse. On investit dans des entreprises. La bourse est uniquement et simplement un formidable outil à votre disposition pour investir. Rendez-vous compte : d’un côté, il faut des mois et payer des frais abusifs (en France tout du moins) pour réaliser une transaction immobilière, sans parler de la paperasse à remplir. D’un autre côté, n’importe qui peut, de son fauteuil, acheter des parts d’une entreprise à l’autre bout du monde.

Investir en bourse

La transaction prend quelques secondes, les frais sont minimes et aucun papier n’est à signer. Etant donné que l’entreprise est divisée en parts, un petit budget n’empêche pas d’y investir et vous n’avez pas besoin d’arriver premier pour être servi. Comme si cela n’était pas suffisant, chaque jour, Monsieur le Marché, un personnage maniaco-dépressif, vous propose d’acheter ou de ventre des actifs. Tantôt, Monsieur le Marché sera d’humeur euphorique, tantôt d’humeur déprimée créant de nombreuses opportunités. Un tel service plus que justifie la faible commission payée !

Si votre but est de vous enrichir, étudiez ceux qui le sont devenus. Parmi les personnes les plus riches du monde, combien sont employés ? Combien ont un profil de spéculateur ? Mettez cela en relation avec ceux qui entreprennent, qui investissent et vous obtiendrez de quoi réfléchir.

Investir est totalement différent de spéculer. Les deux vous permettent de vous appauvrir. Mais un des deux peut vous enrichir sur le long terme.

« En Bourse, il y a deux alternatives: s’enrichir lentement ou s’appauvrir rapidement »Benjamin Graham

Il est primordial de saisir la différence entre les notions d’investissements et de spéculation, malheureusement trop souvent confondues.

L’enrichissement ou la principale différence entre investir et spéculer

Spéculer c’est miser sur la hausse ou la baisse du prix de marché. Mathématiquement, lorsque vous achetez un actif en bourse telle une action, vous avez 50% de chance que ça monte et 50% de chance que ça baisse.

Sans jugement, je constate que nombre d’investisseurs font partie du Forbes 400 (la liste des 400 personnes les plus riches du monde). Les spéculateurs se font rares pour ne pas dire absents. Il n’empêche que certains spéculateurs gagnent de l’argent notamment lorsque le capital spéculé n’est pas le leur, dans l’idéal celui d’une banque qui partagera avec celui-ci les gains de trading mais gardera toute perte pour elle-même.

Quant à investir, il s’agit d’acquérir un actif productif générant de la richesse. Tout investisseur est un entrepreneur mettant du capital au travail et est propriétaire d’une partie de l’entreprise donc de ses actifs, de ses passifs et de ses bénéfices/pertes. Le dividende n’est qu’une redistribution d’une partie ou de la totalité (parfois plus) du bénéfice. En tant qu’actionnaire vous êtes propriétaire de la totalité du bénéfice au prorata de votre part dans l’entreprise et non seulement du dividende. Lorsque vous détenez une bonne entreprise générant un fort rendement sur le capital employé, mieux vaut que l’entreprise investisse dans ses propres activités augmentant ainsi le bénéfice futur, ou qu’elle rachète et annule ses propres actions (le gâteau est ainsi divisé en un nombre moindre de parts et chaque propriétaire se retrouve avec une partie plus importante de l’entreprise et de ses bénéfices futurs) plutôt que de verser un dividende subissant au passage une double taxation (au niveau de l’entreprise et au niveau personnel).

Investir c’est un transfert de pouvoir d’achat envers les autres aujourd’hui en espérant recevoir plus de pouvoir d’achat après taxes dans le futur. C’est renoncer à consommer aujourd’hui pour pouvoir consommer plus à l’avenir. Investir doit au minimum conserver le pouvoir d’achat, ainsi le rendement généré doit être supérieur à l’inflation.

Le risque lorsqu’on investit n’est donc pas la volatilité qui est malheureusement communément utilisée comme mesure de risque mais est celui de perte permanente de pouvoir d’achat.

Les trois types d’investissements et la supériorité des actifs productifs

Nous pouvons considérer trois grandes catégories d’investissements pour allouer du capital . Warren Buffett a écrit une note très intéressante dans sa lettre aux actionnaires de Berkshire Hathaway de 2011.

Je vous invite à la lire : http://berkshirehathaway.com/letters/2011ltr.pdf La note en question est de la page 17 à 19. Je vous retranscris grossièrement les trois principales catégories d’investissements selon Warren Buffett et Charlie Munger :

Les investissements libellés en devises

Comme, par exemple, les obligations, les prêts hypothécaires ou les dépôts bancaires tout simplement. Ces derniers sont considérés comme sûrs, pourtant il s’agit de la classe d’actifs la plus dangereuse. La volatilité de ce placement est nulle mais son risque est colossal. Ces placements érodent continuellement le pouvoir d’achat de ses détenteurs qui se retrouve détruit à long terme à cause de son faible rendement par rapport à l’inflation. Ce sont les gouvernements qui déterminent en définitive la valeur de la monnaie. Certaines forces économiques poussent les gouvernements à produire de l’inflation. Il est communément admis dans la sphère économique et politique mondiale qu’une inflation est nécessaire pour la santé économique d’un pays. Sans inflation, la consommation est retardée et les performances économiques peinent. Donc l’inflation, c’est-à-dire la destruction progressive du pouvoir d’achat de la monnaie, est un objectif des Etats.

Aux Etats-Unis, de 1965 à 2011, le pouvoir d’achat du dollar s’est érodé de 86%. 1000 dollars détenus en 1965 seraient toujours 1000 dollars aujourd’hui. La volatilité de ce placement a été de 0, de ce fait, la pensée universitaire et Wall Street en concluraient que le placement n’a présenté aucun risque. Pourtant, le pouvoir d’achat du détenteur d’un tel placement a diminué de 86% ! Parlez d’un investissement sûr ! Il vous faut ainsi 7000 dollars pour consommer l’équivalent de vos 1000 dollars de 1965. Dit autrement, vos 1000 dollars vous permettent de consommer aujourd’hui l’équivalent de seulement 140 dollars. Au prix du confort psychologique que semble présenter l’absence de volatilité sur un placement, le pouvoir d’achat s’est écroulé de 86%.

Certes, sur le court terme détenir du cash a un avantage incroyable : il permet de saisir des opportunités. Détenez du cash lorsque plus personne n’en a et vous êtes le roi. Cet avantage est indéniable sur le court terme, mais c’est détenir trop de cash sur le long terme qui conduit au désastre. Considérez le cash comme une call option sur toute classe d’actif qui peut être pricé mais qui n’a pas de prix d’exercice ni de date d’échéance. C’est une option qui a un coût et qui permet de saisir n’importe quelle opportunité lorsqu’on le désire.

Ainsi, le cash mais aussi les obligations ou tout autre instrument libellé en devises représente la classe d’investissement la plus risquée à long terme, vous êtes certain d’y perdre votre pouvoir d’achat. Le coût de cette call option est trop important sur le long terme.

Les actifs

La deuxième catégorie d’investissements concerne les actifs qui ne produiront jamais rien, mais qui sont achetés dans l’espoir qu’un autre acheteur payera plus cher que vous pour ces actifs dans le futur. Exemple : les tulipes au 17e siècle ou l’or. Détenez une once d’or pour une éternité et vous aurez toujours une once d’or en fin de compte.

Warren Buffett prend un excellent exemple très parlant. En 2011, le stock mondial d’or est de 170 000 tonnes. Fondez cet or et vous obtenez un cube de 21 mètres de côté. Au prix de 1750 dollars l’once d’or, ce cube aurait une valeur de 9600 milliards de dollars.

Pour le même prix que le cube d’or nous pouvions théoriquement racheter la totalité des terres cultivables des Etats-Unis générant 200 milliards de dollars chaque année, plus 16 fois l’entreprise Exxon Mobil générant plus de 40 milliards par an. Il vous reste en plus 1000 milliards de dollars d’argent de poche.

D’ici un siècle, les terres agricoles auront produit des montants colossaux de cultures, Exxon Mobil aura généré des milliers de milliards de dollars de dividendes et aura des actifs valant plusieurs milliers de milliards. De l’autre côté, le cube d’or ne produira toujours rien et sa taille n’aura pas changé.

Sous cet angle, toute personne munie d’un minimum de bon sens paysan comprend l’infériorité des placements non productifs sur le long terme.

Les actifs productifs

La troisième catégorie est celle des actifs productifs qu’ils soient des entreprises (cotées en bourse ou non), des fermes ou de l’immobilier. Quelle que soit la devises utilisée dans le futur (des morceaux de papier comme actuellement ou bien même des coquillages), les gens seront toujours prêts à échanger quelques minutes de labeur quotidien pour consommer des biens et services comme se loger par exemple. Sur le long terme, la catégorie des actifs productifs est de loin la plus rémunératrice et la moins risquée.

La boule de neige ou la magie des intérêts composés

« Les intérêts composés sont la huitième merveille du monde. Celui qui les comprend les gagne ; celui qui ne les comprend pas les paie. »Albert Einstein

Le taux auquel et la période durant laquelle vous accumulez du capital détermine votre future richesse.

La stratégie d’enrichissement de Warren Buffett se base sur le principe magique des intérêts composés. Son objectif est d’accumuler du capital au meilleur taux composé après taxe et sur la plus grande période de temps. Voici un tableau montrant l’importance de l’intérêt auquel compose votre capital et du facteur temps dans la création de richesse à partir d’un capital de 50 000 euros :

Les intérêts composés

Cumulez du capital sur 30 ans au taux composé de 5% et vous obtiendrez 216 000 euros contre plus de 40 millions à un taux de 25%.

« L’objectif est d’acheter des actions d’entreprises ne versant pas de dividende qui composent le capital pendant 30 ans au taux de 15% par an et payer seulement une simple taxe de 35% à la fin de la période. Après taxe, cela donne un taux de rendement composé annuel de 13.4 %. »Charlie Munger

Certaines entreprises formidables composent le capital des actionnaires à un fort rendement sur de très longues périodes. Elles sont souvent trop chères en bourse pour permettre aux investisseurs de s’enrichir au même rythme que l’entreprise compose le capital. Cependant, parfois, des opportunités se présentent et de telles entreprises peuvent être achetées à des prix raisonnables en bourse. Permettant ainsi à l’investisseur opportuniste de s’enrichir considérablement au fil du temps.

Les clefs de l’enrichissement : le taux de composition du capital, la période de temps pendant laquelle ce capital compose et la patience.

L’enrichissement ou la différence entre prix et valeur

Lorsque vous achetez des actifs productifs, le prix payé est une donnée essentielle car celui-ci peut faire la différence entre le succès et la ruine financière. Achetez la plus merveilleuse des entreprises à un prix trop élevé et vous vous ruineriez. Achetez une entreprise en faillite à un prix incroyable et vous vous enrichiriez. Votre retour sur investissement dépend du prix payé.

« Le prix est ce que vous payez, la valeur est ce que vous obtenez »Warren Buffett

Achetez en dessous de la valeur c’est se garantir d’obtenir plus que ce que l’on paye, c’est-à-dire de gagner plus en prenant moins de risque. Le prix doit toujours être mis en relation avec la valeur.

Le prix est on ne peut plus simple à obtenir. Votre serviteur Monsieur le Marché le détermine et vous le communique sur demande. En revanche, la valeur doit être estimée et c’est ici qu’intervient le plus gros du travail d’investisseur. Les entreprises cotées en bourse se doivent de communiquer leurs états financiers. Ceux-ci sont publics, toute personne peut les consulter, les analyser et se faire une idée de la valeur de la société. Il y a dizaines d’années le problème était de trouver ces informations, de nos jours le problème est de faire le tri. Nous avons toutes les informations nécessaires à portée de main, c’est un problème beaucoup plus sympathique.

Chaque business est différent et s’analyse d’une manière différente suivant sa nature, son industrie, ses dynamiques propres. Comprendre le business donne une idée sur la manière dont on va analyser l’entreprise. Par exemple, pour une boulangerie on pourra se faire une idée de sa valeur en fonction de la valeur de ses locaux et de sa capacité à générer de l’argent. Imaginez que vous pouvez acheter une boulangerie pour 100, qu’elle gagne 50 et que son immobilier vaut 300. Vous n’avez pas besoin d’être un expert en boulangerie pour comprendre qu’il s’agit d’une bonne affaire et que l’entreprise est sous-évaluée. Les opérations de la boulangerie vous offre un rendement de 50% sur votre capital et vous obtenez trois fois plus d’immobilier que ce que vous payez, de quoi significativement baisser le risque. Achetez cette même entreprise 1000 et vous obtiendrez un rendement de 5% sur votre capital. Prenez en compte l’inflation et les taxes et cette affaire ne vous rapporte plus rien et vous n’avez pas assez d’immobilier pour rentabiliser votre achat en cas de faillite.

Lorsque nous comprenons le business et ses dynamiques alors on va naturellement trouver une manière de l’analyser qui découle du bon sens. Encore faut-il pouvoir interpréter et faire parler les chiffres que communiquent les sociétés, c’est-à-dire connaître la comptabilité.

La comptabilité est le langage du business. Ce n’est pas un langage très sexy mais indispensable pour toute personne souhaitant comprendre, analyser une entreprise et se faire une idée de l’attractivité d’un placement et pouvoir investir son capital dans une entreprise cotée.

La marge de sécurité ou la différence entre ce que vous payez et ce que vous obtenez

Le risque est souvent confondu avec la volatilité. La volatilité crée les opportunités mais n’est pas une mesure du risque. Voyez le risque comme étant celui de la perte permanente de capital.

La marge de sécurité est la différence entre le prix et la valeur c’est-à-dire la différence entre ce que vous payez et ce que vous obtenez. Plus votre marge de sécurité est élevée plus vous vous enrichissez et plus vous diminuez votre risque de perte permanente de capital.

Une entreprise ne peut être évaluée d’une façon précise, à la virgule près. Ca n’aurait aucun sens, une entreprise est un organisme vivant opérant dans un environnement incertain. Pourtant ce n’est pas un problème pour analyser une entreprise. Une analyse grossière peut mener à une décision d’investissement pour peu qu’on ait une marge de sécurité suffisante (c’est-à-dire un grand écart entre le prix payé et la valeur que l’on obtient) pour compenser nos erreurs et les incertitudes. Il vaut mieux être à peu près dans le vrai que précisément dans le faux.

Autrement dit :

« Inutile d’utiliser une balance pour savoir qu’un homme est obèse »Benjamin Graham

Pour prendre un exemple d’actualité, je ne sais pas si Sears Holdings vaut plus 20 milliards de dollars ou plus 100 milliards. Pourtant, je sais qu’au prix actuel de 2,5 milliards ma marge de sécurité est colossale et que mon risque de perte permanente de capital est comprimé à l’extrême. La simple liquidation du business (totalement improbable mais imaginons) me permettrait déjà de démultiplier mon capital.

Il faut bien comprendre que le risque doit être considéré comme la perte permanente de capital et que ce risque diminue lorsque la marge de sécurité augmente. Moins vous payez cher, moins vous prenez de risques, plus vous gagneriez. La volatilité ne doit être en aucun cas une mesure du risque car ce raisonnement est absurde. Jugez par vous-même :

Prenons pour exemple la boulangerie de votre quartier. Elle gagne 10 et était à vendre 100, offrant au potentiel acquéreur un rendement de 10%. Aujourd’hui, cette même boulangerie est à vendre pour dix fois moins cher, c’est-à-dire 10. Offrant un rendement de 100% à son potentiel acquéreur. La seule chose qui ait changé est l’humeur de Monsieur le marché, les fondamentaux, eux, n’ont pas changé. Le risque a-t-il augmenté puisque le prix a connu une forte variation ou parce que la tendance du prix est à la baisse ou bien le risque a-t-il fortement diminué puisque la boulangerie vous offre désormais un rendement de 100% contre 10% auparavant ? Jugez par vous-même.

En bourse, l’humeur de Monsieur le marché change constamment. Entre euphorie et pessimisme maximal, son humeur est rarement justifiée, souvent erronée et exagérée. Imagineriez-vous que le prix de cette boulangerie de quartier puisse s’écrouler en quelques jours parce que la croissance en Chine diminue par exemple ? Cela n’a aucun sens et est totalement irrationnel. Pourtant ce genre de situation est très commun en bourse, car les marchés boursiers sont irrationnels. Les opportunités ne manquent pas à l’investisseur sachant les démasquer et n’ayant pas peur d’aller contre la foule.

Un prix attractif est très souvent accompagné d’incertitudes. Ces incertitudes créent les opportunités. Investir c’est prendre des décisions en situation incertaine. Vous ne devez pas avoir peur des incertitudes mais les estimer et en profiter. Vous devez comprendre les incertitudes et évaluer les fondamentaux pour réaliser votre propre jugement et pouvoir vous enrichir.

De manière générale, il n’y a pas d’opportunité d’investissement lorsque la foule est avec vous. Le fait que la foule partage le même avis semble offrir un confort psychologique important à de nombreux investisseurs puisque ce dernier a plus confiance en son jugement lorsque celui-ci est validé et partagé avec d’autres personnes. C’est la nature humaine qui est ainsi faite, l’homme a une habitude de mimétisme. Pourtant, il est impossible de faire une bonne affaire lorsque vous investissez avec le consensus tout simplement car le consensus se paye toujours trop cher.

« Le consensus est la chose la plus cher qui ne brille pas. »

Le consensus peut jouer en votre faveur lorsque vos décisions vont à l’encontre de celui-ci. Par exemple, c’est le consensus extrêmement négatif depuis des années qui permet d’acquérir des actions Sears Holdings à un prix complètement délirant. Investir contre le consensus n’est pas suffisant en soi ! Le consensus peut très bien avoir raison. Mais lorsque vous investissez contre le consensus et que celui-ci à tort vous pouvez vous enrichir considérablement. Investir contre le consensus vous fera passer pour un idiot jusqu’à ce que celui-ci réalise que vous avez raison. Passer pour un idiot est parfois le prix à payer pour s’enrichir considérablement sur le long terme.

« A court terme, le marché est une machine à voter. Sur le long terme, c’est une balance »Benjamin Graham

Entreprise sears bourseLe PDG de Sears Holdings était autrefois adulé par les médias et présenté comme le prochain Warren Buffett. Désormais, il fait consensus qu’Eddie Lampert est un idiot. Le cours de l’action Sears Holdings a fortement baissé depuis 2007. Pendant ce temps, Edward Lampert a pu accumuler un montant conséquent des actions de la société, achetant des milliards d’actifs et les business de la holding pour une bouchée de pain.

Je suis prêt à parier que son patrimoine va connaître une progression fulgurante dans les prochaines années.

La diversification ou une couverture de l’ignorance

La diversification est une bonne couverture contre l’ignorance. La sous-évaluation compense plus d’incertitudes que la diversification. Dit autrement, la marge de sécurité est bien meilleure pour compenser les incertitudes et les erreurs d’analyses que la diversification.

Pourquoi se forcer à investir dans votre 10e meilleure idée lorsque vous pouvez investir dans votre première ? Pourquoi ne pas investir dans votre idée la plus sûre avec la plus grande marge de sécurité, là où le risque de perte de capital est diminué à l’extrême ?

Pour reprendre notre histoire de boulangerie. Est-il plus risqué d’acheter une seule boulangerie offrant 100% de rendement ou bien 100 boulangeries offrant 1% de rendement ?

La diversification peut être une bonne chose. C’est la diversification à tout prix, comme un objectif à part entière qui est mauvaise. Diversifier pour diversifier conduit à moins de rationalité, à s’éloigner du concept de marge de sécurité et à laisser une place trop importante à l’ignorance et à la paresse dans la gestion de vos deniers durement et longuement acquis.

Le bon chemin

Etre pauvre (ou pas riche) est un avantage compétitif énorme, tout le monde n’a pas cette chance. Nous pouvons investir là où bon nous semble sans aucune contrainte. Il n’y a jamais eu autant d’entreprises cotées qu’aujourd’hui. Un petit patrimoine permet d’avoir accès à beaucoup plus d’opportunités qu’un patrimoine de plusieurs milliards limité à quelques entreprises prépondérantes. Il est bien plus simple d’investir et de composer du capital à un taux élevé avec un petit patrimoine.

Investir dans des entreprises cotées représente un grand investissement en temps et en formation. L’investissement est un art qui nécessite une vision long terme, beaucoup de travail et une bonne maitrise de son tempérament. Il faut agir en se basant sur des faits et non des intuitions et ne pas avoir peur d’aller contre la foule. C’est en agissant différemment qu’on obtient des résultats différents.

« Vous n’avez pas raison ou tort parce que d’autres sont d’accord avec vous. Vous avez raison parce que vos faits sont exacts et votre raisonnement est juste »Warren Buffett

Aller loin dans la mauvaise direction est un gâchis, cet article a la prétention de vous montrer une direction qui a fait la réussite et la richesse de nombreux investisseurs. Ne prenez pas mes propos pour argent comptant. N’écoutez pas un idiot qui investit massivement dans Sears Holdings ! Si mes propos vous ont convaincu il est possible que le contraire puisse être tout aussi convainquant.

Nous avons la chance de pouvoir apprendre en quelques centaines de pages ce que des gens très intelligents ont pu apprendre durant toute une vie. Le meilleur investissement que nous pouvons faire est dans nous-mêmes, en se formant auprès de ceux qui ont réussi.

Pour devenir riche, étudiez ceux qui le sont devenus. Pour connaître un homme, étudiez ce qu’il fait et ce qu’il a fait et non ce qu’il dit et encore moins ce que les autres disent de lui.

Auteur de l’article : Thomas Grard-Colombel

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Antoine Debergh, 26 ans #Entrepreneur